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Convergences  révolutionnaires
Revue publiée par la fraction L' Etincelle de Lutte Ouvrière

 

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Après l’exclusion de la Fraction L’Étincelle de Lutte ouvrière Lire l'article


Edito des bulletins d’entreprise

- Le 29 juin 2009

Zorro est arrivé ? Sans se presser…

Il lui aura fallu trois mois pour oser un périple de deux jours aux Antilles. Sarkozy a fini par y aller en se faisant escorter de centaines de gendarmes, en débutant son séjour par la Martinique où la grève a démarré après celle de la Guadeloupe et a duré un peu moins longtemps, en se protégeant au maximum des contacts avec la population par des rencontres quasi exclusives et à huis clos avec des « élus ». C’est à ceux-là que Sarkozy a livré son gadget : une vague promesse d’autonomie de ces « départements » d’outre mer qui subissent encore le joug colonial, et où des Békés descendants des colons blancs représentent encore la majeure partie du patronat. Sarkozy ne propose rien que de très institutionnel, par application de l’article 73 ou peut-être 74 de la constitution… L’essentiel étant de donner matière à d’interminables discussions entre « partenaires sociaux », « représentants de la société civile » et surtout politiciens de tous bords, car là-bas aussi Sarkozy peut se flatter de pratiquer l’« ouverture » à gauche. Victorin Lurel, président socialiste du conseil général de Guadeloupe, comme Alfred Marie-Jeanne, président indépendantiste du conseil régional de Martinique, comme évidemment Lucette Michaux-Chevry, notable chiraquienne blanchie sous le harnais et mère de la nouvelle ministre des Dom, tous ont pu se rengorger de l’importance qu’on leur accordait… et des prébendes à venir. Car pour eux, plus d’autonomie ce n’est pas plus de bien être pour les travailleurs mais d’abord plus de fric à gérer. Il serait même question d’un référendum sur le statut de ces départements d’outre mer… dont Sarkozy attendrait un score qui le venge de la grève générale que les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique ont réservée à sa politique et celle du patronat.

Il s’agissait d’abord et avant tout de faire diversion. De faire oublier, en tentant de ramener sur le terrain des institutions et des élections, ce qui s’est passé sur le terrain des luttes. Et Sarkozy, conforté par la présence policière massive, y est même allé de son couplet martial et menaçant à l’adresse des grévistes et du LKP qui a mené la grève en Guadeloupe : « Je serai très ferme sur les principes républicains. Je n’accepterai pas […] que l’on constitue des groupes d’intimidations. » Trois mois après une grève générale de 44 jours au cours de laquelle on ne l’a pas entendu, il peut toujours rouler des mécaniques !

De Versailles à Fort-de-France, le décor change mais le style reste le même. Chaque discours donne l’occasion d’une déclaration qui se veut choc ! Le « grand emprunt national » et l’allongement de l’âge de la retraite ici, l’ « autonomie » pour les Antilles là-bas. Le principal dirigeant du LKP, Elie Domota, avait pourtant précisé pendant la grève qu’indépendance ou pas, autonomie ou pas, c’était le sort des travailleurs et des plus pauvres qui était posé, c’étaient leurs revendications d’augmentation des salaires de 200 euros et de contrôle des prix qui étaient à l’ordre du jour – et rien d’autre. C’est d’ailleurs là-dessus que le patronat et le gouvernement ont dû céder. Rien n’est encore définitivement réglé, loin de là. De nombreuses grèves se poursuivent pour le respect des accords Bino accordant les 200 € d’augmentation, pour la titularisation des contrats précaires ou encore pour des revendications plus ciblées comme le paiement des heures supplémentaires effectuées par les pompiers de l’aéroport de Pointe-à-Pitre.

Mais la grève générale antillaise est restée sur la patate du patronat et gouvernement français. Ils ont tenté mais pas réussi à rattraper le coup. Leurs « Etats généraux de l’outre mer » ont été squelettiques. La nouvelle diversion sur le statut d’autonomie risque de faire le même « flop ». En plus d’être grosse, la ficelle est longue de 7000 km. Mais ni le LKP ni Domota son porte-parole, ne se prêtent à ces simulacres de concertation. Une attitude qui tranche sur celle des responsables syndicaux d’ici qui aujourd’hui, en pleine vague de licenciements et fermetures d’entreprises, et réactions multiples bien qu’isolées à celle-ci, n’ont d’autre préoccupation que de palabrer avec les patrons et Sarkozy !

Ici comme aux Antilles, ce sont nos luttes, coordonnées et décidées, le rapport de forces dans les entreprises et dans la rue, qui permettront que nous sortions la tête de l’eau.


Révolte en Iran - 29 juin 2009

Des manifestations monstres ont contesté la victoire du président sortant Ahmadinejad, rappelant la barbarie de cette dictature islamique en place depuis 30 ans, dans laquelle les élections ne sont qu’une mascarade puisque les candidats doivent être approuvés par le soi-disant « guide suprême » Khamenei, successeur de Khomeiny.

Quant à Moussavi, qui se proclame réformateur pour cristalliser tous les espoirs, la population iranienne n’a rien à en attendre : il a déjà été premier ministre de 1981 à 1988 et l’un des responsables du massacre de milliers de prisonniers politiques.

Mais la brutale confrontation de ces derniers jours, avec ses morts par balles et ces centaines d’arrestations, marque un tournant : les manifestants, surtout des jeunes, ont conspué Khamenei et des débrayages ont eu lieu dans certains secteurs, comme à l’usine automobile « Iran Khodro ».

Si à la crise politique se rajoutait une radicalisation sociale, dans ce pays aujourd’hui fortement urbanisé et où la classe ouvrière, notamment avec l’industrie pétrolière, joue un rôle clé, les travailleurs en lutte pourraient offrir une perspective à toute la société iranienne.

Pas touche à nos retraites ! - 29 juin 2009

Sarkozy, Fillon, Hortefeux, se sont relayés pour prôner, dans la foulée de la présidente du Medef, le relèvement de l’âge du départ en retraite, à 67 ans !

Alors qu’il y a plus de 10 % de chômeurs, que les vagues de licenciements et les suppressions de postes se succèdent, que des millions de jeunes ne trouvent pas d’emploi, ils ont encore le culot de vouloir prolonger l’activité des vieux salariés dont certains sont déjà usés par un travail pénible.

Sans parler des travailleurs âgés que les patrons licencient bien avant 60 ans et qui ne retrouvent jamais de boulot. Relever l’âge du départ en retraite est surtout pour Sarkozy et son gouvernement le moyen de réduire encore les pensions de tous ceux dont les patrons ne veulent plus.

La branche vieillesse de la sécurité sociale est en déficit, nous dit-on. Mais il y aurait de l’argent pour financer les départs en retraite à 60 ans si l’Etat ne vidait pas ses propres caisses en réduisant les impôts des riches, en versant des milliards aux entreprises et aux banques, en dégrevant les patrons de charges sociales. Et s’il y avait moins de chômage.

622 morts - 29 juin 2009

La presse n’en parle pas, ou en quelques lignes. Moins impressionnant qu’un avion qui explose en vol, mais tout aussi meurtrier. Les victimes des économies sur la sécurité, des conditions de travail aggravées avec ces cadences qui usent, fatiguent ou entraînent des erreurs, parfois fatales, ont été en 2007 16 % de plus que l’année précédente.

622 salariés morts pour les profits.

La Poste : 100 % faux cul - 29 juin 2009

« La Poste restera à capitaux 100 % publics » affirme Bailly, président de La Poste. Pour l’instant. Mais déjà avec un statut privé. Car il prépare sa transformation en Société anonyme pour l’automne. Comme on a fait pour GDF avant de privatiser !

Mais comment croire ce bonimenteur, qui annonce à la presse, et en gros titre : « 4 000 recrutements en 2009, malgré la crise » . La Poste recrutera des jeunes précaires mal payés... mais pour compenser seulement un départ sur trois à la retraite d’anciens fonctionnaires !

Fermetures de bureaux, allongement du délai de distribution, augmentations de tarif s’aggraveront encore pour plaire aux futurs actionnaires.

Propagande patronale à l’école - 29 juin 2009

Cette année, le sujet d’économie et de droit du bac STG posait aux candidats la question : conseillez un employeur souhaitant licencier une employée pour « défaut de productivité ».

Un sujet en direct de l’Elysée ? Pour le corrigé, s’adresser au Medef !

L’école de la précarité - 29 juin 2009

En plus des 13 000 postes d’enseignants supprimés cette année, le ministère de l’Education nationale s’apprête à mettre dehors 30 000 emplois de vie scolaire. Recrutés il y a trois ans, ces jeunes, en statut précaire, sont devenus indispensables au fonctionnement des établissements scolaires, notamment pour l’accueil des enfants handicapés.

Avec le soutien des parents, ils manifesteront ce 30 juin, en vue de leur titularisation.

Mercato - 29 juin 2009

Nouveau transfuge qui aurait bousculé la gauche, nous dit-on, Frédéric Mitterrand entre dans l’équipe du nouveau gouvernement Sarkozy. Quoi de bien nouveau ? Son tonton François, pétainiste dans sa jeunesse, a été ministre après guerre dans autant de gouvernements de droite que de gauche avant de passer la moitié de son temps de président de la république à gouverner avec la droite.

Ministres et chefs d’Etat de gauche et de droite protègent les mêmes intérêts. Et ce n’est pas d’aujourd’hui que les politiciens bourgeois changent de mangeoire comme de chemise.


Numéro 64, juillet-août 2009

Editorial : Qui sème le vent...

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